Sunday, January 5, 2014

Vive l'impunité, vive la corruption, vive l’oubli, vive Duvalier


      Vive l’impunité, vive la corruption, vive l’oubli, vive Duvalier.



Assez, Assez.  C’est avec grande révolte que j’ai constaté sur Facebook la photo réunissant Martelly, Duvalier, Avril et leurs conjointes. J’ai été révolté car la personne ayant posté la photo vantait les mérites de Martelly, le grand rassembleur. Ce n’est que plus tard dans la journée que je réalisais l’ampleur de la travestie que le président masquait sous un prétexte de rassemblement.

Le 1er janvier 2014, le président a eu l’audace de mettre le plus grand dictateur de nos temps au-devant de la scène. Le président dont l’administration s’arroge la lutte contre l’impunité, la lutte contre la corruption vient de se montrer en cérémonie officielle avec un homme qui détient des millions de dollars de fonds publics dans des comptes en suisse, un homme qui faisait payer ses achats et ceux de sa femme directement par la banque centrale, un homme qui demeure le plus grand symbole vivant de la corruption au sommet de la chose publique ; et il ose encore parler de la lutte contre la corruption.

Le président s’est fait prendre en photo avec un homme dont le régime est responsable de la disparition de milliers de nos concitoyens, un homme dont le régime a rendu Titanyen macabrement célèbre, l’homme de Fort-dimanche, l’homme qui était le chef des tontons macoutes abusifs ; et l’on ose parler de lutte contre l’impunité.

Avons-nous oublié que Jean-Claude Duvalier fait l’objet de poursuites judiciaires pour ses crimes et meurtres ? Il  est aujourd’hui clair que l’administration en place fait et fera tout pour empêcher que l’ancien dictateur soit condamné mais le parader le jour de l’indépendance au nom du rassemblement est un affront qui dépasse les limites de la décence. Au nom de quelle politique faut-il bafouer la mémoire et effacer les exactions d’un homme qui a tout fait pour détruire ce pays ? Comment rassembler et pardonner un criminel qui, malgré toutes les preuves accumulées contre lui n’a jamais eu le courage de dire au pays : «  oui, je vous ai fait du tort » ?

Le président Martelly est un faux qui s’efforce d’affirmer qu’il lutte contre les mêmes maux qu’il expose et cautionne avec grandes pompes. Ainsi, au nom du rassemblement et de l’indécence politique, je crie «  vive l’impunité, vive la corruption, vive les criminels, vive l’oubli, vive la dictature, vive Duvalier ».

Monday, July 29, 2013

Les homosexuels ont le droit d'exister.


J’ai été surpris il y a quelques jours d’apprendre qu’une manifestation anti-homosexuelle avait eu lieu à Port-au-Prince. Bien sûr, en France, aux Etats-Unis et dans beaucoup d’autres pays ce genre de manifestation est monnaie courante ces derniers temps, surtout avec l’avènement de gouvernements plus tolérants envers les Homosexuels. La démonstration qui a eu lieu dans la capitale du pays n’a réuni qu’environ un millier de personnes et semble être la  réaction préventive de certains groupements religieux a un potentiel projet de loi concernant le mariage gay.

Une chose est certaine, une grande partie de la population haïtienne n’accepte pas l’homosexualité ; l’une des raisons est que Haïti est un pays majoritairement chrétien et les églises ont été et sont les fers de lance du rejet de l’homosexualité. Pour ces entités, l’homosexualité est avant tout une maladie, une perversion ou une malédiction qui peut être guérie à coup de prière ou de bonne volonté. Une autre raison est que nous ne comprenons pas la complexité de l’homosexualité. Pour beaucoup, l’homosexualité est avant tout une sexualité perverse ; deux hommes ou deux femmes qui font l’amour.

Malheureusement, ce que les églises et les homophobes oublient, c’est que les homosexuels sont avant et par-dessus tout des êtres humains. Si un homme et une femme ont le droit de s’aimer pour ce qu’ils sont, pourquoi pas deux hommes ou deux femmes ? Une relation amoureuse est elle une simple orgie de relations sexuelles ? Il est clair que ces approches ont pour but premier de déshumaniser une catégorie d’êtres humains pour sauvegarder un certain agenda mais je doute fort que l’humanité acceptera cette finalité.

Remarquez que je ne parle même pas de mariage gay car il est clair que certains n’accepteront jamais l’union des gays quand ils ne conçoivent pas l’homosexualité comme une réalité humaine. Tristement, deux prétendus homosexuels ont été lynchés après la manifestation en question ; je suis sûr qu’ils n’étaient pas mariés. Ceci prouve que nous avons un long chemin à parcourir en termes de droits humains ; et n’oublions pas que mêmes les plus grands leaders anti-gay ont la responsabilité morale et humaine de prêcher contre toute violence à l’encontre de tout être humain quelque soit son orientation sexuelle.

Je suis déçu de voir que peu sont révoltés par cet acte barbare. Heureusement dans cette triste réalité, je vois aussi des lueurs d’espoirs ; le pape lui-même a déclaré : «  qui suis-je pour juger un homosexuel ». Ce changement de ton est un grand pas dans une institution qui pendant deux mille ans a souvent fait preuve d'une ignorance cruelle de l’évolution du monde. Je vois aussi des jeunes homos s’organiser et articuler clairement leurs désirs d’avenir et j’en suis heureux.

Enfin, je veux dire a tous que si vous n’aimez pas les homos, c’est votre droit, si vous ne voulez pas du mariage gay, c’est votre droit. Mais un homosexuel est aussi un être humain et s’il veut être homo, c’est aussi son droit.


Finalement, on a tous le droit d’exister, de chercher notre bonheur là ou il se trouve aussi longtemps que nous ne détruisons pas celui des autres. Les homosexuels aussi…….

Tuesday, May 21, 2013

Pourquoi investisseurs et touristes évitent Haïti ; un exemple


                             Pourquoi investisseurs et touristes évitent Haïti ; un exemple


Il y une semaine, j’ai eu une conversation avec une étrangère qui a eu l’occasion de visiter Haïti en 3 ou 4 fois.  Elle m’exposa son sentiment qu’Haïti était souvent victime de discrimination car elle a remarqué, pendant ses visites, qu’Haïti était un pays comme les autres.  Il y a deux semaines, une charte qui circulait sur Facebook suggérait la même conclusion ; qu’Haïti n’était pas le pays le plus violent de la caraïbes. Le Président Martelly, sur son compte twitter, conseillait le 13 mai aux investisseurs de venir en Haïti plutôt qu’ailleurs.

Force est de constater que le pouvoir  en place  a déployé les grands moyens pour essayer d’attirer investisseurs et touristes ; qui ne se souvient pas du slogan « Haïti is open for business », des innombrables tweets du premier ministre comparant le taux de criminalité d’Haïti à celui de Long Beach en Californie, ou encore de la grande croisade anti corruptrice et visiblement éphémère de M.Lamothe  visant, entre autres,  à envoyer des signaux positifs aux potentiels investisseurs.

De plus, les adeptes de Facebook ont aussi raison lorsqu’ils affirment qu’Haïti n’est pas le pays le plus violent de la caraïbes. Les pays avec le plus grand taux de meurtres par 100,000 habitants dans la région sont la Jamaïque, Saint Kitts, Trinidad et Tobago, les Bahamas et Porto-Rico ; et pourtant ces pays reçoivent chaque année bien plus de touristes qu’Haïti.

Une chose est claire, si nous devrions prendre le temps d’énumérer touts les facteurs qui rentrent en jeu dans cette question, on en aurait assez pour écrire un livre. Le manque d’infrastructures, le coût relativement élevé de vacances de qualité en Haïti, le délabrement des transports en commun etc  sont des facteurs que nous pouvons citer mais à mes yeux, les grands facteur restent et demeurent les instabilités politiques et la difficulté de prévoir les réactions haïtiennes.

Nous autres Haïtiens aimons dire qu’Haïti souffre d’un problème de mauvaise presse, d’une mauvaise image mais nous oublions souvent que sommes avant tout les premiers constructeurs de cette mauvaise image. Un tel fait est indéniable lorsque l’on réalise que ce ne sont pas seulement les investisseurs étrangers qui fuient le pays ; la diaspora Haïtienne investit encore à un niveau ridiculement inférieur a son potentiel, d’où l’appel de Martelly à investir en terre natale de préférence. Ces hommes et femmes d’origine Haïtienne connaissent mieux le pays que les étrangers donc il est difficile de prétendre que c’est aussi la mauvaise presse qui les éloigne.

Ainsi j’ai répondu à mon amie que oui Haïti peut être un pays comme les autres pour la plupart du temps…. Jusqu'à ce qu’elle ne l’est plus. Qui ne se souvient pas des innombrables scènes de dechoukages dans la ville des cayes durant les dernières élections ? Je m’en souviens. Je me souviens des partisans de M.Martelly scandant «  si on nous tire dessus on brule tout », je me souviens aussi que le bureau de la DGI, des douanes et un tribunal ont été brules par ces même individus. Je ne prétends pas que le président actuel ait cautionné ces agissements (il ne les a pas formellement condamné non plus) mais il est clair qu’il en a tiré les profits. Il est intéressant de constater que ce même gouvernement qui voudrait rétablir la confiance dans le paysage Haïtien doit en partie son existence à des actes qui n’inspirent pas confiance

Je me souviens aussi d’avoir regardé le ciel nocturne Cayen se transformer  en un brasier à cause des pneus qui brulaient partout.  Je me souviens aussi des magasins qui se sont fait piller à cause de l’instabilité occasionnée par la conjoncture électorale. Je me souviens aussi des familles qui s’empressaient à coller des photos de Martelly sur les murs pour éviter d’être brûlés dans le cas ou madame Mannigat gagnait les élections. Une connaissance a perdu deux maisons, brûlées parce qu’elle les avait louées a un sympathisant d’Inite ; malgré ses efforts l’état ne lui a pas remboursé un seul centime.

J’ai pris la liberté de décrire ici une expérience personnelle mais ces scènes se sont produits pendant plusieurs élections, lors des émeutes de la faim, lors du départ d’Aristide pour ne citer que ceux la. 

Je me demande si quelqu’un qui a travaillé toute sa vie aurait envie de venir investir son argent dans un pays ou à chaque élection tout peux partir en fumée. Qui a envie de passer des vacances dans un pays ou tout peut sauter à n’importe qu’elle moment ?.........Pas grand monde.

Saturday, April 20, 2013

Pendant que Richard Morse dormait…La corruption s'installait.




J’ai lu l’article publié par le Toronto Star sur les raisons de la démission de Richard Morse, cousin et proche collaborateur du président Martelly. Pour beaucoup cette démission ne recelait de grande importance car M. Morse n’était pas forcement une personne très en vue au gouvernement. Mais, a mes yeux, la démission d’un homme considère comme un grand proche de Martelly et l’ayant supporté des le début de sa candidature était à questionner.

J’ai eu la chance de participer à une réunion à la primature sur la question de l’eau en Haïti ; M. Morse y était présent car il travaillait à ce moment sur des canaux d’irrigations et de drainages. Son intervention sur le sujet en question était simple et laissait entrevoir une personnalité non encombre par les lourdeurs politiques et désireux d’accomplir sa tache au service du peuple Haïtien.  Une simplicité si flagrante que je me suis demande si ce monsieur était a sa place.

Les raisons de sa démission avancés par le chanteur a fini par révéler une réalité incontestable ; le gouvernement Martelly a choisi la direction de la continuité dans sa gestion de la chose publique. Le changement tant prôné est mort.

Pour bien comprendre cette conclusion, il faudra revenir aux élections. Apres une arrivée au pouvoir, l’élu se retrouve souvent face à deux courants : un courant de proches qui croient sincèrement que leur champion est différent et peut changer les choses et un courant de vautours politiques dont le but est de perpétuer le système en place. Le premier courant essaie de sauvegarder l’humanité de l’élu, le second désire en faire une bête politique avec la sauvegarde du pouvoir comme seule boussole.

Cette histoire de faux chèques qui n’a jamais été adressé prouve comme l’avance M. Morse que le pouvoir en place a décidé d’embrasser [la corruption]. Mais le pourquoi s’avère bien plus intéressant ; le pouvoir en place a sans doute réalisé (pendant que Morse rêvait d’un monde idéal) qu’il avait besoin de cette forme de corruption pour satisfaire des partisans et garder une certaine stabilité. Car voyez bien, les partis politiques bien structurés avec des volontaires électoraux n’existent pas en Haïti. Ces prétendus activistes politiques qui ont aidé Martelly à gagner le pouvoir doivent être rémunérés. M. Morse a oublié que «  depi ou nan eskwad, fok ou al bay jounen ».

En d’autres termes, le courant des proches auquel appartient M. Morse a perdu sa bataille des les élections. Une autre actrice  à s’être endormie et à s’être surpris à rêver est l’ancienne ministre de l’économie Mme Jean Marie qui affirme avoir démissionné a cause du manque  de support de ses pairs. L’affirmation en elle-même prouve qu’elle ne dit pas tout car ses pairs n’ont pas le pouvoir de ne pas la supporter ; une seule phrase du premier ministre ou du président aurait suffi pour ramener tous les ministres à l’ordre. Ainsi il est clair que cette dernière a démissionné car elle n’avait plus le support de Martelly ou de Lamothe dans sa lutte pour l’instauration d’un peu d’ordre dans les affaires de l’état. Une lutte que M.Lamothe lui-même a prétendu porter ; Mme Jean Marie a sans doute rêver elle aussi, comme monsieur Morse que le changement était a l’ordre du jour, à tort.

Le pouvoir en place a donc décidé de jouer le jeu politico politicienne en s’adonnant à des formes de corruption que les pouvoirs successifs ont mises en place comme vecteur de survie politique. Emplois fictifs, paiement de groupes patibulaires, corruption, tous les coups sont bons pour calmer et satisfaire les siens. Et pendant que Richard Morse s’endormait dans un rêve d’une volonté réelle de changement, le président Martelly s’installait dans une réalité où la continuité de la corruption devenait la marche à suivre.